Les
mésanges me tirent gaiement du sommeil avec leur hymne au printemps aérien.
Toujours nichée sous la couette, je les imagine remonter à coups de petits
bonds, l’arbre à la dentelle vert tendre situé tout près de ma fenêtre. Puis,
le ronronnement de la cafetière attise mon amour pour l’élixir en devenir. Une
invitation à quitter mon nuage duveteux pour savourer mon premier cortado. Je
tente d’émerger mais notre féline au manteau noir ébène s’est (trop)
confortablement installée sous la couverture, entre mon bedon et la sortie du
lit. Que faire? Lily est si mignonne, si bien et je l’aime tellement! Une
gymnastique peu élégante est mise en œuvre afin de tenter de m’extirper, sans
déranger la reine de la maison (en fait, notre royaume compte aussi un prince
et une duchesse). Mission avortée. Sa majesté n’a pas du tout apprécié. Note
d’exécution pour ma contorsion quinquagénaire: - 0.
Pour me faire pardonner, je la suis dans sa course vers la salle de bain. Je laisse couler un filet où elle se délecte d’une tasse à l’eau de bain. Après l’avoir gratté entre les deux oreilles, j’en profite pour lui voler un câlin. Rituel affectueux “Ad vitam aeternam”. Après quoi, je descends au premier, escortée de (trop) près du Prince Billy. Notre danse synchronisée nous épargne une patte aplatie ou une rude culbute dans les escaliers.
Bien calée dans ma causeuse, l’héritier
à la fourrure blonde fort distinguée s’est posé sur mes genoux à la manière
d’un sphinx. Mon mari me rejoint au salon pour un café sans ordre du jour. Une
discussion qui virevolte au gré de nos pensées. Survol de nos semaines, un brin
de philo, des projets, la retraite, fiston, des voyages à rêver, des trucs à
réparer ou un différend à sarcler. Un jardin où tout peut fleurir, être cueilli
ou désherbé.
Il part pour sa course. Et moi? Nul besoin de courir (j’y veillerai plus tard). J’en profite pour entretenir mes relations épistolaires sur mon sofa, vêtue de mon pyjama dépareillé, délicieusement accompagnée de mon 2e café et de mon chat de poche..
S’ensuit
une journée de travail, une activité, un musée, un peu de jardinage, un bébé à
bercer, un document à réviser, des ateliers à donner (...) - c’est selon. Puis,
une pause-sourire atterrit dans ma boîte de textos: un clip humoristique de la
part mon grand garçon. Plus tard, c’est la joie lorsque j’apprends qu’il
viendra souper, samedi! En après-midi, j’aperçois Charlot et Charlotte (“nos”
écureuils;) qui se pourchassent joyeusement dans la cour. Après avoir
débarrassé notre sous-bois de quelques branches tombées pendant l’hiver, je
découvre une délicate fleur sauvage ayant réussi à se frayer un passage à
travers un amas de feuilles. J’admire sa force et sa résilience.
À l’heure où le soleil éclaire ce qui nous entoure d’une lumière chaude et dorée, nous sirotons un verre de vin au salon. On y reprend notre discussion du matin ou on emprunte un autre chemin. Lorsque les rayons s’adoucissent, un repas gourmand succombe à nos envies du moment. Il est dégusté devant un film ou une série à télédévorer (ou parfois, à composter).
Puis, vient l’heure de la mise au lit (beaucoup plus tôt qu’à nos vingt ans;) dans une chambre où les fenêtres entrouvertes laissent filtrer la berceuse des grillons, des ouaouarons et une brise, si douce.
P.s.
Il convient de souligner qu’à défaut d’avoir un ado rentrant à l’aube, c’est
une chatte qui nous empêche parfois de fermer l’oeil;). Ainsi, pour que la
journée reçoive le sceau “Jour parfait”, Duchesse Daisy parée de sa longue robe
noire et de sa queue majestueuse devra être rentrée avant la tombée de la nuit.
