vendredi 11 décembre 2020

Une danse pour Noël...

Ma mère a servi plusieurs dîners de Noël à ses "bonnes soeurs" cette semaine. Un endroit serein où elle se sent bien...
Hier, elle est revenue à la maison épuisée mais excitée de nous montrer la vidéo que le Centre d'hébergement où elle travaille a fait visionner aux religieuses. Depuis, elle l'écoute en boucle en souriant...
Aujourd'hui, elle a le projet d'apprendre cette chorégraphie.
Nous danserons cette danse en famille pour les Fêtes:-)

vendredi 27 novembre 2020

La musique donne des ailes à mon fils...

La musique donne des ailes à mon fils... Comme pour plusieurs jeunes, la vie n'est pas toujours douce et facile avec notre fiston. Sa chance - il a une passion et un talent. D'entendre mon fils me dire: "Je suis vraiment fier de moi.", c'est le plus beau présent qu'un parent puisse souhaiter.

Voici une vidéo qui a donné une dose d'estime personnelle indéniable à Samuel. Une réalisation qui lui permettra de continuer d'avancer le coeur gonflé de fierté en sachant qu'il a tout ce qu'il faut pour allumer ses étoiles.

Un merci du fond de mon coeur à Andre Chan et son fils si talentueux qui lui ont offert ce précieux cadeau. (Ils ont trouvé un enregistrement de Panama - Van Halen sans la batterie. Ainsi, ce sont les baguettes de notre ado de presque 15 ans à l'oeuvre dans cette vidéo).

- Une maman si fière

dimanche 22 novembre 2020

Les troubles de santé mentale : l’épicentre de tant de familles


 Qui suis-je?

Je suis au cœur de la vie de tout être humain en agissant tel un filtre qui prend parfois les couleurs de l’arc-en-ciel. Pour certains, je fais la pluie et le beau temps qui permettent difficilement la réalisation de leurs rêves d’enfant. Pour d’autres, tel un tsunami, je provoque une onde de choc soudaine et profonde qui percute toutes les sphères de leur vie. Mon amplitude me permet de heurter brusquement la famille au passage chez qui je me suis infiltrée sans avoir été invitée. Je deviens alors, l’épicentre de leur vie. Tel un raz de marée instable, je suis imprévisible mais une chose est certaine, je reviendrai.

Signifiés par huissiers de justice : des mots/maux qui font mal au ventre à lire.

Demandeur, défenderesse, mise en cause, Cour du Québec, des articles du Code civil, des rapports de psychiatres… Je tente de garder une distance entre ces mots qui défilent sous mes yeux et mon cœur qui se serre. Un scénario de film. Je lis un scénario de film. C’est ce qui m’a permis de prendre connaissance du deuxième document de la Cour signifié par huissier de justice en trois jours.
Ces mots/maux qui font mal au ventre, je ne les ai pas partagés avec ma mère. Ils lui déchireraient le cœur et les entrailles.

Maman est chez-moi depuis une semaine. Non, elle ne réside pas à notre adresse mais en temps de pandémie, porter assistance à une personne vulnérable, c’est permis. Il est 20 h, on sonne à la porte. Son cœur s’emballe, le mien aussi. Une femme masquée me remet un document replié sur lui-même. On tente de saluer comme on a l’habitude de le faire avec le livreur de colis sauf que cette fois, on sait que le contenu n’aura rien à voir avec l’un des items sur notre liste de souhaits. Je referme la porte et derrière moi, ma famille est immobile en attente du verdict.

Ma mère s'est effondrée après les mots "demande de garde en établissement". Elle a pleuré sa vie, littéralement. Entre ses sanglots, maman crie son désespoir en maudissant mon père. Il a gâché sa vie, même des années après sa mort, elle n'aurait pas dû le marier, 40 ans plus tard, la maladie mentale frappe encore près d’elle... « La santé mentale dans ma tête, je n’en veux plus! J’suis plus capable d’avoir peur!... ». Traduction : MAUDITE MALADIE MENTALE! Trois mots de sept lettres qui définissent parfaitement ses ravages.

Une autre histoire – celle que ma mère a vécue avec mon père schizophrène et qu’elle a dû quitter pour protéger sa famille. Et si seulement, ça aussi ce n’était qu’un scénario de film qui aurait pu s’estomper une fois le tournage terminé.

Ma sœur, c’est elle.

Ma sœur c’est une fille pétillante, attachante, travaillante, sociable qui adore danser, rire, voyager et être dans l’action. C’est celle qui animera la soirée et qui vous fera sentir à l’aise dès les premiers instants. Un jour, tout a basculé. Puis, une série d’événements s’est enchaînée où la souffrance a trouvé refuge dans les bras de la dépendance à l’alcool et les drogues. Résiliente, elle s’est relevée plus d’une dizaine de fois au fil des années afin de reprendre sa vie en main et suivre des thérapies en centres de dépendance. Des hauts et des bas ont teinté sa trajectoire au cours de laquelle un trouble de santé mentale s’est révélé : Trouble de personnalité limite. Bref, ma sœur demeure celle que je décris ci-dessus. Elle n’est pas LA MALADIE mais elle a besoin d’aide et sa famille aussi.

Parce que.

Pourquoi parler (encore) des troubles de santé mentale et de ses effets? Parce que. Parce qu’elle secoue et fait perdre pied à la personne qui en souffre mais aussi à tant de gens autour d’elle. Des proches qui s’essoufflent à vouloir aider, à trouver des ressources, à naviguer les « trous de service », à se buter à La Charte des droits et libertés de la personne, au mur de la confidentialité, aux jugements de la société, à répondre aux questions bien intentionnées (ou non), à ne pas savoir quoi répondre pour se protéger (ou ne pas créer de malaise), au sentiment de culpabilité, à jongler continuellement avec l’espoir et les déceptions, à sensibiliser (mais avec parcimonie parce qu’on ne veut pas être « trop »), à tenter de se convaincre (ainsi que la personne atteinte) que la clef est entre ses mains, à maintenir le cap en puisant cette force que nous portons en nous, « and repeat ». Par amour, ils tendent la main à l’être aimé en difficulté en essayant tant bien que mal de ne pas se laisser emporter par cette tornade sournoise et violente. Le discours clinicien leur a maintes fois conseillé de vivre « leur vie » mais se mettre à l’abri d’un « tourbillon humain» n’est pas chose facile.

Alors, voilà pourquoi il faut continuer d’unir nos voix à celles de tant d’autres familles. S’il suffisait d’une pilule pour mettre fin à ce cercle vicieux, ce serait merveilleux. Toutefois, il faudra d’abord réaliser combien il est crucial d’investir en santé mentale et pourquoi ne pas consulter ces familles qui ont accumulé au fil des années, une panoplie de souffrances et par la même occasion, une certaine « expertise » associées à ces zones grises et orageuses auxquelles elles sont confrontées.
Essayez d’aller travailler ou de vous occuper de votre famille lorsque votre mari partage son intention d’incendier votre maison (et il l’a fait) ou que votre enfant (même s’il est devenu adulte) tient un discours désorganisé et inquiétant. Si c’était votre partenaire de vie ou votre enfant serait-ce aussi facile de laisser le sarrau accroché derrière la porte au bureau?

Une brise d’espoir

Je veux croire à la portée du « il faut en parler et pas seulement lors de la journée Bell cause pour la cause » qui peut faire changer les choses. Une préoccupation partagée qui je l’espère, donnera des ailes à ceux et celles qui n’ont pas demandé à vivre avec un problème de santé mentale. À la fillette qui jouait dans la ruelle à dessiner son avenir ou au garçon qui s’exerçait à devenir pompier, j’aimerais tant leur rendre leurs rêves d’enfant... À leur famille qui les aime tant, j’insuffle une brise d’espoir pour rire et partager avec eux ces petits bonheurs de la vie sans craindre une onde de choc dévastatrice. Mon souhait à l’aube d’une nouvelle année : démystifier les troubles de santé mentale et un investissement accru permettant un accompagnement adéquat tout en assurant un filet de sécurité aux personnes qui en sont atteintes. Et nous, les proches, on pourra souffler un peu, les aider sans en avoir le souffle coupé mais surtout, être là, pour les aimer, tout simplement.

Au nom de ma famille, j’offre un bouquet de mercis à ces « anges policiers, hospitaliers, communautaires,…» qui ont à cœur le bien-être des gens à qui ils viennent en aide et qui ont su nous entendre, nous comprendre, nous soutenir et agir. Je garde espoir et souhaite croire à l’effet papillon de ce qu’une communauté unie et sensibilisée peut accomplir pour le bien de l’humanité.

"Rien ne serait arrivé si je n’avais pas changé de coiffeur."

  Exercice proposé par Éric-Emmanuel Schmitt dans son cours de maître écriture : Écrivez une courte nouvelle commençant par : « Rien ne s...