samedi 5 février 2011

Let it snow...

Il y a des jours où tout semble aller de travers. La cafetière trop remplie crache son café partout sur la cuisinière, la toast qui tombe sur le plancher du bon côté (c’est-à-dire du côté beurré), le lunch laissé sur le comptoir sans oublier la énième fois où l'on se cogne à une boîte vocale alors que nous avons VRAIMENT besoin de régler ce dossier… Bref, il n’est même pas 8 heures du matin et notre seuil de tolérance à ce que la loi de Murphy peut nous offrir est déjà atteint pour la semaine!

Plus tard, il me tarde d’aller chercher mon fils à la garderie. Je souhaite le surprendre et lui faire une surprise en m’y rendant plus tôt qu’à l’habitude. Puisque « … Comme la neige a neigé… » (un emprunt à Nelligan s’imposait afin d’illustrer mes propos :-), je prends plusieurs minutes à balayer cette BELLE poudre blanche sous laquelle est ensevelie ma voiture. Je démarre, je recule, je m’embourbe un peu puis j’avance afin de pouvoir mieux reculer. Le scénario se répète et j’insiste jusqu’à ce que je me prenne « bien comme il faut » dans un banc de neige! Mes pneus crissent (et moi je me découvre un nouveau vocabulaire). Bravo pour la persévérance! Alors que je tente de me sortir de mon banc, un homme bien intentionné (en l’occurrence mon mari) vient à la rescousse de sa tendre moitié un sourire en coin bien accroché. Alors qu’il m’enseigne les rudiments de l’utilisation des « Traction Aids », notre déneigeur arrive. Quel sens du timing! Mon regard le lui a certainement fait mieux comprendre que mes mots n’auraient pu le faire. Malgré tout, il attend impassiblement que nous sortions ma voiture de notre entrée afin de pouvoir compléter le déneigement. Il sera arrivé trop tard pour moi et trop tôt pour notre fils qui adore voir l’homme à l’œuvre dans son « jouet souffleur ».

Tant qu’à raconter des histoires de neige aussi bien en citer une autre qui fait mentir l’adage populaire : « Les journées se suivent mais ne se ressemblent pas. ». Le lendemain, alors que je m’apprête à tourner le coin de rue pour reconduire ma grand-maman chez elle, c’est le moment que choisissent les ouvriers pour ramasser la neige. La rue est bloquée. L’orchestration des nombreux camions, grattes, chenilles, « Monsieur au Walkie-Talkie » et j’en passe, porte à croire qu’une opération de sauvetage est en cours. Alors qu’en fait, on tente seulement (et tranquillement) d’enlever la neige. Pendant ce temps, nous attendons patiemment (mot choisi avec ironie) dans la voiture. Je les regarde avec agacement alors que ma grand-maman s’amuse à observer la scène. Tandis que « l’experte » que je suis pensait à la façon dont je me serais chargée de la logistique de l’enlèvement de la neige, ma douce grand-maman était simplement amusée et heureuse de passer plus de temps avec moi. Encore une fois, cette anecdote illustre combien les lunettes à travers lesquelles nous regardons une situation influencent notre perception.

Revenons au jour précédent alors que je profite de la période de jeu de papa et fiston au sous-sol afin de nettoyer la salle de bain. Une fraction de seconde s’écoule entre le moment où je saupoudre le populaire récurant dans le lavabo ainsi que la cuvette et celui où mon petit bonhomme entre en trombe afin de se soulager d’une envie pressante. Une chasse d’eau et un lavage de mains plus tard, on saupoudre à nouveau le produit nettoyant en se consolant d’avoir un enfant à l’écoute de ses besoins et propre de sa personne.

À l’heure du souper, afin d’ajouter de la saveur tout en maximisant l’apport santé des légumes qui seront servis, j’assaisonne de curcuma et tâche de moudre quelques grains de poivre (on vante les vertus anticancer du curcuma en combinaison avec le poivre noir). La poivrière est vide. Pas le temps de la remplir sans que mes légumes refroidissent et que mes talents de cuisinière soient contestés. Alors, pourquoi ne pas substituer le poivre par un autre ingrédient santé : des grains de Chia. Bonjour créativité!

Lorsqu’on semble nager à contre-courant et que la Loi de Murphy nous colle à la peau, rappelons-nous que ce n’est qu’une question de perception. Let it snow… La neige est si magnifique lorsqu’on la regarde tomber tout doucement. Un monde de possibilités s’offre à nous : la pelle ou le « Crazy Carpet ». Lequel choisirez-vous?

p.s. Mais n’oubliez tout de même pas vos Traction Aids! Je dois admettre qu’ils peuvent s’avérer utiles…

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