lundi 18 avril 2011

Plonger

Samedi dernier, j’ai accompagné mon fils à ses leçons de natation. Pour la première fois, ma présence n’était pas requise à ses côtés. L’eau froide de la piscine n’allait certainement pas me manquer mais une partie de moi devait faire son deuil de notre duo aquatique. Afin qu’il puisse plonger vers l’indépendance, je devais le laisser aller, en solo. L’instinct maternel nous pousse parfois à protéger notre progéniture en préparant le terrain pour eux ou en leur tenant la main peut-être un peu trop longtemps. Naturellement, par ces gestes d’amour, nous souhaitons simplement nous assurer de leur bien-être et bonheur. Pour y arriver, nous tâchons de leur transmettre de bonnes valeurs, de les valoriser, d’entretenir la communication tout en assurant la discipline et leur offrant un cadre sécurisant. Bref, on les guide sur le chemin de la vie mais il faut également apprendre à les laisser voguer par eux-mêmes.

Ainsi, notre sortie à la piscine illustre bien cette étape : en route vers l’autonomie. Être présente et disponible sans couver ou surprotéger. Malgré tout, soyez assurés que la maman n’était pas loin de fiston, prête à plonger à la moindre alerte! Alors qu’il était assis fièrement sur le bord de la piscine, je ne pouvais faire autrement que d’observer mon petit bonhomme devenir grand. Il attendait patiemment le signal de sa monitrice avant de s’élancer dans l’eau, un immense sourire aux lèvres. Avec une énergie explosive, il nageait tant bien que mal vers son institutrice qui l’attendait les bras ouverts. On pouvait lire la fierté dans ses yeux alors qu’il tentait de reprendre sa respiration en toussotant les quelques gorgées d’eau chlorées ingurgitées pendant sa course olympique. Pendant ce temps, les yeux brillants et humides, un énorme sourire accroché au visage, le pouce en l’air, suivi d’applaudissements traduisaient toute la fierté d’une mère.

Une fois ressaisie, j’ai jeté un regard autour de moi. En examinant certains parents occupés soit, à pianoter sur leur BlackBerry ou à lire un livre, je me suis dit : « They must think, what a crazy lady I am! » Cette pensée m’a effleuré l’esprit seulement quelques secondes avant qu’un « So what? » n’éclabousse cette idée. Dès lors, mon attention était déjà reportée sur mon champion en devenir alors que sa fan numéro 1 reprenait ses pompons (façon de parler mais qui sait!) et l’encourage à poursuivre sa lancée!

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

"Rien ne serait arrivé si je n’avais pas changé de coiffeur."

  Exercice proposé par Éric-Emmanuel Schmitt dans son cours de maître écriture : Écrivez une courte nouvelle commençant par : « Rien ne s...