samedi 9 septembre 2017

La mémoire du coeur ne s’estompera jamais…

Plus tôt cet après-midi, ma grand-maman et moi avons pris le café et dégusté des biscuits en admirant les rapides de Lachine, en observant les oiseaux et les papillons avec le chant apaisant des criquets pour musique d’ambiance.

Grande lectrice, ma grand-maman ne cesse de lire tout ce qu’elle voit (de la boîte de jus de fruits en passant par les affiches de maisons à vendre). Sa coquetterie ne l’a pas quittée non plus lorsqu’elle me demande en touchant son chapeau : « De quoi j’ai l’air ? ».

Assises toutes les deux à contempler le rivage, j’ai hésité longtemps avant de la remercier. Comme si cela provoquerait un au revoir définitif… Puis, j’ai troqué cette crainte superstitieuse pour embrasser le privilège de pouvoir lui exprimer ma gratitude. Remercier ma grand-maman d’avoir toujours été là pour moi tel un fort lorsque la stabilité souhaitée m’amenait plutôt un autre vent de changement. Je lui ai dit combien je l’aime et le rôle si important qu’elle a joué dans ma vie…

Je ne visite pas ma grand-maman aussi souvent que je le souhaiterais/devrais… Malgré la mémoire qui leur échappe, ces instants de bonheur allument des étincelles dans leur cœur et le nôtre.
Avant de partir, je dépose un bisou sur sa joue en lui disant que je l’aime. Je prends la direction de l’ascenseur puis je fais demi-tour pour en déposer un autre. Juste parce que. Surprise, ma grand-maman me lance avec un éclat de rire dans la voix : « Encore ! ».

Elle n’avait pas oublié mon dernier câlin…  

                                  

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