mardi 29 avril 2025
vendredi 7 mars 2025
À la femme que tu deviendras,
Or, qu’est-ce qu’un parcours de « femme » réussi?
À toi, femme en devenir,
Sois une digne gardienne de ta valeur en prenant garde
à la comparaison et au jugement. Des échos de la société qu’il faudra apprendre
à filtrer afin de préserver ton essence, la personne que tu es et celle que tu souhaites
devenir. Ce sera à toi d’envisager la meilleure avenue à emprunter. Il te
faudra parfois nager à contre-courant en misant sur tes choix, tes capacités et
ta confiance.
lundi 23 décembre 2024
Itinérance | Une goutte d’humanité peut percoler
Bien emmitouflée dans mon manteau à capuchon, je sillonne les rues de Montréal avec mon sac à dos. Je porte attention à ceux qui n’auront pas la chance de reprendre la route d’un nid douillet lorsqu’ils en auront assez. C’est officiellement le premier jour de l’hiver mais pour eux, il fait froid depuis trop longtemps déjà…
Un homme tend
son verre de carton aux automobilistes arrêtés au feu rouge. Je lui offre un
sac dans lequel il trouvera des bas chauds blancs (cela permet de détecter plus
facilement les blessures qui risquent de s’infecter si elles ne sont pas
soignées), deux barres protéinées et trois dollars pour un café (ou ce qu’il
décidera d’en faire), du chocolat et une carte de souhaits. Que souhaiter à un
être humain vivant en situation d’itinérance? Mon cœur tenait à lui exprimer mes
vœux, à le « voir » et à entretenir l’espoir. L’homme m’a remerciée
et j’ai repris ma route afin de ne pas lui faire louper le prochain feu rouge
et sa potentielle récolte.
Quelques pas plus loin, j’aperçois un homme assis bien droit sur un banc où un rayon de soleil le baigne dans une lumière chaude et calme. Une fois près de lui, je le salue et lui demande s’il accepte ma pochette. Son visage reconnaissant acquiesce en me demandant:
- Quel est votre nom?
- Geneviève et vous?
J’ai dû m’y prendre à trois fois afin de bien
prononcer son prénom.
D’une voix patiente et souriante, il m’en explique l’origine :
- Je suis un Montagnais de la région de Sept-Îles.
On se serre la main. L’homme à la force tranquille est à Montréal depuis 11 ans. Il s’ennuie de son coin de forêt. En pointant à gauche avec sa main nue boursoufflée par une exposition répétée au froid mordant, il désigne un organisme venant en aide aux sans-abris. Il dit avoir eu vent qu’on y offrait parfois un billet pour retourner dans sa communauté. D’un ton chagriné, il lâche:
- Je ne sais pas... Maintenant, l’édifice semble vide, sans personne là-bas.
Un financement non renouvelé?
Au coin
d’une rue achalandée, un homme s’enroule dans des couvertures de fortune alors
que plusieurs passants le contournent, les bras chargés de paquets griffés. Je ne trouve pas mieux à faire que de laisser
mon petit sac près de ses souliers… À trop peu de mètres de là, je croise une
autre personne étendue à même le sol, sale de tout ce qu’on peut imaginer avec
pour compagnons, des pigeons picossant autour de sa couchette. Tant de boîtes
de carton vues ici et là ont probablement servi de « matelas » à
d’autres...
Je me sens
ridicule avec mes maigres offrandes. Les besoins sont si vastes, vitaux et les
ressources insuffisantes.
J’aperçois une femme âgée coiffée d’un joli bonnet blanc, vêtue d’un pantalon de pyjama à carreaux rouges et noirs derrière un panier de magasinage chargé de ce que je présume être, ses précieuses possessions. Je lui offre mon modeste don, elle me sourit en me graciant de son regard bleu océan :
- Vous êtes un ange!
Celle qui pourrait être ma mère est fière de me parler de sa vie d’antan :
- J’avais un appartement charmant, impeccable. Je regardais la télévision avec mes chats. C’était une vie tellement agréable!
C’est à
ce moment qu’elle tourne son carrosse vers moi pour me présenter son fidèle
compagnon : Holly, un chat noir bien installé dans sa cage recouverte
d’une couverture. Puis, un homme attablé au café d’à côté s’approche et demande
à Winnie (nom fictif) si elle souhaite un café. Ce gentil homme prend le temps
de s’enquérir de ses préférences. Il revient avec le breuvage chaud. Nos
regards se croisent et sans un mot, l’homme prend ma place sur le banc. Avant
de partir, je les regarde et mon cœur se gonfle d’espérance… Une goutte
d’humanité peut percoler et se transformer en ce que chacun d’entre nous prendra
le temps de créer.
mercredi 4 décembre 2024
Ma grand-maman, mon précieux roc, faisait du bénévolat
Lucille
disait affectueusement : « Je
m’en vais voir mes petits vieux. » alors qu’elle avait rejoint
elle-même le rang des octogénaires. Grand-maman enfilait ses bottes, son
manteau, son chapeau et ses gants avant de jeter un coup d’œil dans le miroir
pour appliquer la touche finale à sa douce coquetterie, son rouge à lèvres.
Puis, un tour de clef dans la serrure, un escalier à descendre et hop! D’un pas
décidé, elle était en route vers l’arrêt d’autobus. Attendre en regardant les
passants ou la neige tomber (sans cellulaire pour se distraire…), trois marches à
grimper (Lucille est menue;-) et salutation courtoise au chauffeur (pourquoi
pas? Ça va de soi pour Grand-maman). Été comme hiver, elle voyageait en
transport en commun pour se rendre là où on l’attendait au bout de son trajet.
Là où elle se sentait utile. Là où elle distribuait son sourire, sa présence,
son aide (parfois aussi des biscuits) et quelques poussées d’humanité pour ses
aînés en fauteuil roulant.
Un
demi-siècle ainsi que moult événements historiques, culturels et politiques
séparent nos naissances… Malgré la distance générationnelle, Grand-maman a su
nous tricoter une relation qui encore à ce jour, réchauffe mon cœur et m’emplit
de sérénité. Une écoute authentique, de l’amour et « être », tout
simplement. Voici la recette de ma grand-maman qu’elle réussissait divinement
(tout comme son vaporeux et délicieux gâteau des anges;-).
À ma
connaissance, Lucille n’a jamais encouragé qui que ce soit à faire du
bénévolat. Elle le faisait, c’est tout. Généreusement pour ses « petits
vieux » mais un tantinet pour elle aussi, j’en suis persuadée.
Je ne peux que supposer car elle nous a quittés sans que je n’aie pu sonder ses
réflexions à ce sujet. Grand-maman a grandi parmi l’épicerie familiale, élevé
sa famille, collaboré à l’entreprise de son mari (mon grand-papa décédé avant
ma naissance) puis plus tard, occupé un emploi dans une grande firme d’ingénierie
de Montréal. Avec le recul, je me
demande souvent comment elle faisait pour garder sa maison impeccable
(ex : ménage du printemps / d’automne, frottage d’argenterie et du lustre),
travailler, cuisiner, aller à la messe le dimanche, lire, jouer au Scrabble, recevoir famille & amis,
naviguer les aléas de la vie sans oublier d’« être ».
À la
retraite, le réveille-matin et l’horaire du train ne régulaient plus ses
journées mais son cœur, lui, avait encore tant à donner. Je ne me rappelle plus
du moment exact où elle a commencé à « bénévoler » mais sans le
savoir, ni en avoir parlé, Grand-maman m’a légué ce désir.
Elle avec ses « petits vieux » et moi avec mes « petits
patients ».
Il suffit
de discuter avec un membre de son entourage ayant aidé un étranger à se sortir
d’un banc de neige ou offert une plage horaire à une cause qui lui est chère
(de façon spontanée, organisée ou pas). Vous entendrez un sourire dans sa voix
et observerez des étoiles dans ses yeux. Elles vous donneront peut-être envie
de vous joindre à un mouvement de solidarité. Apporter un peu de lumière dans
un monde parfois trop gris et « serre-cœur ».
Peu importe le temps dont on dispose ou les motivations qui incitent une personne à faire du bénévolat (ex. : briser l’isolement, tisser des liens avec sa communauté, se sentir utile, partager un talent, des connaissances, etc.). Donner, ça fait tant de bien. À qui? À tous mais je reste convaincue que le « donneur » reçoit bien plus que les heures offertes aux autres. Une richesse humaine partagée en vivant l’instant présent. Jeunes et moins jeunes, ensemble, nous pouvons contribuer à égayer notre monde de beauté.
lundi 28 octobre 2024
Réflexion | Sommes-nous courtois?
Sommes-nous trop pressés par le temps, préoccupés par notre propre existence ou absorbés par un indéniable besoin de validation (en tentant de générer des mentions « j’aime ») que la courtoisie semble nous échapper doucement (mais sûrement)?
Le dictionnaire Larousse définit la courtoisie comme une
« Attitude de politesse raffinée,
mêlée d'élégance et de générosité ; civilité. ».
De cette courte définition, je retiens deux mots : générosité et civilité.
Admettons que la générosité soit la cerise sur le sundae et que nous l’offrions
avec parcimonie.
La civilité, quant à elle, continue de rimer avec « vivre en société ».
On ne parle pas ici de complaisance, soit la « Disposition d'esprit de
celui qui cherche à faire plaisir en s'adaptant aux goûts ou aux désirs de
quelqu'un ou… d’indulgence excessive. ».
Non. Seulement tendre à être
conscient de l’autre, du monde extérieur.
L’effacement graduel de petits gestes en témoigne :
-
Céder le passage à une personne alors que nous
croisons le même cadre de porte dans une cage d’escalier ou aux gens qui
doivent sortir du métro avant que nous puissions y entrer;
-
Le cycliste qui partage la route plutôt que de rouler
à vive allure près d’un coureur sur une rue passante en lui criant des bêtises
parce que ce dernier ne s’est pas jeté dans le fossé lorsqu’il est passé à
côté;
-
Prendre le temps de répondre à une invitation qui nous
est adressée même si nous devons décliner;
-
Sourire plutôt que de signifier sa frustration et son
agacement en offrant un visage contrarié à la jeune caissière qui a pris deux
minutes pour discuter gentiment avec la cliente avant nous;
-
À la personne qu’on retrouve après un moment autour
d’une table pour s’enquérir du projet qui lui tient à cœur et dont elle nous a
déjà glissé un mot il y a quelque temps;
-
Faire preuve de patience envers l’automobiliste nous
précédant qui met un temps fou (5 secondes) afin d’identifier une place de
stationnement pour se garer;
-
Émettre un accusé de réception ou (encore mieux) une
mise à jour à l’employé qui s’enquiert de son prochain contrat même si les
détails ne sont pas finalisés;
-
Reconnaître la présence d’un autre randonneur croisé à
moins de 10 cm de soi dans un sentier en lui offrant un visage
« ouvert » (si l’envie de sourire ou de saluer ne vient pas
spontanément).
En lisant ces exemples, certains penseront :
« Ça va de soi. » et d’autres y verront peut-être des pistes de
réflexion ou des occasions de peaufiner leur courtoisie (j’en suis!).
Depuis des lustres,
enfants (et grands) entendent la règle d’or qui nous invite à traiter les gens
comme nous aimerions être traités nous-mêmes.
Est-ce que ces marques de respect prendront parfois du
temps, nécessiteront qu’on aménage une case spéciale dans notre esprit ou que
l’on prenne (peut-être) des notes? Certainement. Auront-elles le pouvoir de
gonfler le cœur de l’autre alors que la vie est parfois bien occupée à le
serrer? Assurément.
Ne jamais sous-estimer le pouvoir des mots, des
sourires et des petites attentions.
Se tourner vers l’autre, c’est si beau, bénéfique et c’est gratuit!
mardi 10 septembre 2024
"Tout pour être heureuse"
La molécule salvatrice, celle de la dernière chance, celle au-delà de laquelle on lève le drapeau blanc pour ne pas devenir l’ombre de soi-même.
La psychothérapie, les séjours en psychiatrie, l’amour de ses proches et répétez.
Que dire? Quoi faire lorsque l’être aimé a TOUT essayé et qu’il peine à envisager l’avenir?
Les pattes (et
l’esprit) qui se sont agitées frénétiquement sous l’eau pour garder la tête à
flot depuis tant d’années sans arriver à ignorer que tout autour, plusieurs
semblent glisser plus aisément sur les vagues de la vie.
Certains
résisteront à l’appel des substances pour apaiser « le mal invisible»
alors que d’autres tenteront d’y trouver un apaisement momentané au risque de le
voir se transformer en cyclone destructeur.
Les troubles
de santé mentale sont vastes et sans distinction. Nous sommes tous à quelques
pas d’être touchés personnellement ou à titre de proche-aidant, d’avoir une sœur,
un frère, un parent, un ami ou un collègue affecté par un trouble mental. Sans
compter que tous les jours, nous croisons des gens qui en souffrent :
dimanche 17 décembre 2023
Un souhait pour tous les Nicolas…
- Je suis Nicolas (nom fictif).
- Moi, c'est Geneviève.
- Bonjour Geneviève. Je te serrerais la main mais j'ai plein de microbes, lance celui qui est habillé pour aller jouer dehors avec sa salopette et son manteau, les bottes d'hiver en moins. Il vit dans la rue. Nous sommes à huit jours de Noël, le froid approche...
Je me tiens debout devant lui. Nicolas est assis au sol sur un
duvet autrefois immaculé, aujourd’hui marbré de saletés. Il me regarde de son
regard bleu océan, en contre-plongée.
L’image me chavire… Le bel homme qui se trouve devant moi (oui, Nicolas aborde un physique attrayant)
porte une casquette qu’il soulève de temps à autre pour gratter ses cheveux
mi-longs aux reflets blonds roux.
https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2024-01-04/itinerance/un-souhait-pour-tous-les-nicolas.php
"Rien ne serait arrivé si je n’avais pas changé de coiffeur."
Exercice proposé par Éric-Emmanuel Schmitt dans son cours de maître écriture : Écrivez une courte nouvelle commençant par : « Rien ne s...
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